Nos enfants sont de plus en plus à l’aise avec Internet. Des ordinateurs peuplent les chambres des bambins et les tablettes, smartphones, iTouch et consoles connectées en wifi à Internet passent de main en main dans les foyers. Au cours d’un bulletin board intitulé “café des parents”, nous avons abordé différents usages d'Internet par les enfants, dont la question de leurs dépenses sur la toile lors d’une vague intitulée “argent on line”.

commandes contrôlées

Voici comment était introduite cette vague : “Sur Internet, on peut acheter. On peut acheter des jeux. Et il y a des jeux d’argent. On peut regarder des vidéos à la demande. Et télécharger de la musique, dans le respect des droits d’auteur. Quelles sont les dépenses des enfants sur Internet ? Comment sont-elles contrôlées ?”

Face à ces questions, la première réaction fut sans appel : “Les dépenses des enfants ?!! Alors là, j’ai loupé une case, à moins de nous piquer un numéro de carte bleue, je ne vois pas comment ils dépenseraient sur Internet hors contrôle”. Toutefois, les occasions de dépenses ne manquent pas, beaucoup de dépenses s’ajoutent les unes aux autres si l’on n’y prend pas garde. Voici comment, et voici quelques précautions à prendre.

jeux de patience

Tout d’abord, certains sites marchands peuvent être redoutables. Si on fait un achat et qu’on revient sur le site lors de la même session, il est possible de passer commande sans avoir à entrer à nouveau un numéro de carte bleue. Voyez cet échange de posts lors du bulletin board :

“- Mon grand surfe, cherche L’héritage, avec Saphira, la dragonne d’Eragon, trouve son bonheur, me demande s’il peut faire ok, obtient mon accord, et je suis étonnée qu’aucun mot de passe ne soit demandé.
- Tu as raison, certains sites ont la fâcheuse tendance de mémoriser certaines données et il est possible de passer une commande sans demande d’un quelconque code de confirmation”


Une double précaution est donc recommandée : d’une part, supprimer régulièrement ses cookies, d’autre part, créer un compte sur l’ordinateur familial pour chaque enfant, ainsi ils ne surfent pas sur le compte de leurs parents.

Ensuite, sur Internet, il existe des jeux d’accès gratuits mais dont les forces s’achètent : par SMS, comme sur Ma-bimbo.com, ou via des appels surtaxés, comme le jeu Dofus. Un participant du bulletin board déclarait :

“Il existe plusieurs sites pour jeunes où, si l’on veut faire avancer rapidement son personnage dans le jeu, on est obligé d’envoyer des sms. Et pour avoir fait pas mal de jeux comme ça sur Internet quand j’étais ado, je peux dire que c’est franchement frustrant si on n’envoie pas les sms”

Et il existe des jeux où c’est la patience et la stratégie qui donnent force et pouvoir au personnage. Par rapport à cette réalité marchande qui peut déstabiliser rapidement des budgets serrés, il convient de bien informer les parents sur ces risques de dépense tout en les invitant à dialoguer avec leurs enfants sur la patience comme vertu pour faire évoluer les personnages et les situations de jeu.

codes secrets de la longue traine

Enfin, sur tous les écrans qui peuplent les foyers, plein d’occasions de petits achats se présentent. Un titre de musique deçà, un jeu sur la tablette delà, une vidéo à la demande un peu plus tard. L’économie de la longue traîne est tissée d'une multitude de petits achats. Et les enfants n’y échappent pas.

Ainsi, “Ma fille de 14 ans effectue des achats de musique sur iTunes pour son iPhone (l’ancien iPhone des parents devient parfois le nouvel iTouch des enfants) mais toujours sous mon contrôle et c’est moi qui entre tout ce qui concerne le paiement.”

Même principe avec la vidéo à la demande sur la télé d'Orange par exemple avec le code confidentiel pour visionner une vidéo. Ici, la précaution est simple : les enfants n’ont pas le mot de passe des parents qui leur donne accès aux différents stores d’applications et de contenus à visionner à la demande ou bien à télécharger.

Mais les choses se compliquent quand on peut acheter des forces au sein de certains jeux préalablement téléchargés avec le plein accord des parents. Comme Smurf's village avec des achats validés à l'intérieur de l'application. Ainsi que des jeux qui sont débités sur la facture Internet après avoir été téléchargés librement par un enfant. L’attention des parents rejoint ici le point sur le dialogue avec les enfants, seule parade efficace pour limiter les dégâts des dépenses non contrôlées.

autonomie des enfants

Parallèlement à ces risques et précautions, les enfants ont des occasions de progresser en autonomie par rapport à l’argent. Offrir à un enfant une carte prépayée peut être une occasion d’apprendre le paiement en ligne contrôlé. Ainsi pour la musique : “Nous avons acheté une carte musique jeune récemment et elle a téléchargé Diam’s et Grand Corps Malade”. Les jeunes adolescents apprennent ainsi à gérer leur argent et se rendent compte du coût d’un titre ou d’un album.

Et c’est du côté de la vente de leurs biens culturels que les enfants sont étonnants. “Il vient de tester l’appli flashcode et s’est aperçu qu’elle lit les codes barres de ses jeux sur la Wii qu’il veut vendre et me dit ‘mais c’est top pour savoir à combien je vais les vendre’, je lui ai dit 'vends tes jeux et je t’offre une carte prépayée' ”. Là, un conseil : écouter les enfants raconter leurs pratiques avisées.