Ce qui suit, je suis allée le picorer dans l’ouvrage L’espace public de Thierry Paquot (La Découverte, 2009). C'est un petit livre, bien écrit, essentiel. 

Des manières de converser

« Le café est une boutique ouverte au public qui vient y consommer ce breuvage exotique, mais ce sont aussi des formes de sociabilité, des manières de converser. ».

Le café un phénomène urbain

« A Paris, on en dénombre 300 en 1716, 1800 en 1788 et plus de 4000 au début de l’Empire, en 1804. Les cafés remplissent un rôle social, politique et culturel. En effet, ils sont ouverts à toutes les catégories sociales – et assez rapidement aux femmes – et assurent la circulation des idées et acceptent la tenue de réunions à caractère public (…) et assurent la promotion d’un artiste. »

« Avec les cafés qui prolifèrent en province et dans le monde rural, c’est l’esprit de la ville qui se répand sur le territoire et, avec lui, les conceptions politiques et surtout la reconnaissance de l’opinion publique. »

Le café et le mouvement politique ou esthétique

« Il n’est pas envisageable d’évoquer un quelconque mouvement politique ou esthétique au cours du XIXè siècle qui ne prenne pas naissance dans un café. »

Le café un entre-deux, un tiers-lieu on dit aujourd'hui

« Ainsi le café est plus qu’un café, il correspond à un prolongement de l’habitation et à un entre-deux, à la frontière entre la sphère publique et la sphère privée. »

« C’est une institution de loisir populaire. »

« … avec, en premier chef, le rôle clé du patron ou de la patronne, qui s’improvisent animateurs socioculturels … »

Comme autant d'îlots libres et de balises

« Ce qu’on observe, …, c’est, …, la multiplication des cafés philosophiques, géographiques, littéraires, alternatifs, comme autant d’îlots « libres » dans une société de plus en plus formatée et surveillée. »

« Lieu de sociabilité, le café demeure une balise dans l’océan agité de la grande ville. »
 

Extraits sélectionnés par Rosario

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