Nous avons organisé un récent café, Micro ouvert, en nous inspirant de la méthode des ateliers DKCP.

Ce n'est pas la première fois, il y a eu le café Bubble at home avant celui-ci, ainsi que Oublier mes fragilités, Le bienveilleur discret et Vivre des immersions nouvelles ainsi animés en mode DKCP.

Prenons le temps d'expliquer en quoi consiste cette méthode. 

Quatre lettres d'une méthode : DKCP

D pour Define. Au café Micro ouvert, nous avons ainsi défini le sujet en introduisant le café : "A certains moments, vous vivez des expériences positives ou négatives avec votre opérateur Télécom. A d’autres moments, vous avez une idée ou un avis concernant  un service ou un produit. Et là, la question est : où en faire part ? Venez discuter sur comment améliorer la communication spontanée avec Orange." On définit le sujet. 

K pour Knowledge. Il y a eu un atelier où nous avons partagé des connaissances et des expériences en matière de communication spontanée à l'égard d'Orange et d'autres enseignes. Nous avons aussi partagé des idées. Les idées sont basées sur des expériences, elles en sont des projections et des conséquences.

C pour Concept. Le concept se forge sur la base des expériences, des connaissances et des idées. Nous avons au café Micro ouvert intitulé un atelier Des idées aux concepts. Comme l'explique Albert David, professeur et chercheur en management, qui fait partie de l'équipe de personnes qui a mis au point la méthode, un concept c’est :

"une entité XXX avec des propriétés P1, P2,…Pn". S’il correspond à quelque chose qui existe, on dit qu’il est conjonctif. Sinon, il est disjonctif. Autrement dit, si ça existe, il y a conjonction entre C et K sur cet objet, si ça n’existe pas, alors il y a disjonction entre C et K, c’est-à-dire qu’on a une expression conceptuelle compréhensible (il y a du K minimal pour ça, par exemple comprendre chaque mot et les mots mis ensemble). Alors, la question est non pas "qu’est-ce que c’est ?" mais "qu’est-ce que ça pourrait être ?"

P pour Project. Lors du café Micro ouvert, après un atelier sur les concepts, nous avons cherché à en opérationnaliser quatre d'entre eux. Disons, que nous avons commencé ce travail-là.

Pour des ateliers DKCP d'innovation

Nous nous inspirons de cette méthode pour animer certains cafés. Il faut savoir que traditionnellement, des ateliers DKCP se font en physique. Sur des durées plus ou moins longues: 

- parfois sur le temps de projets de recherche longs, ainsi en était-il du projet L'entreprise face au monde virtuel duquel est né le concept de Café numérique,

- parfois le temps de quelques semaines, par exemple avec des missions de conception innovante que mènent des étudiants du master MTI de l'Université de Paris Dauphine, 

- parfois sur une journée ou deux, et quelques entreprises en ont fait leur business.

Je vous invite à écouter en replay cette conférence donnée par le professeur Albert David intitulée Organiser le design thinking : leçons de 10 ans d'ateliers d'innovation, vous y trouverez des exemples dans des domaines aussi variés que le ménage avec les aspirateurs sans sac, la restauration collective ou bien encore l'aéronautique. Ayez 1h30 devant vous pour l'écouter en entier !

Une méthode adossée à la théorie CK

Cette méthode s'appuie sur les travaux théoriques du professeur Armand Hatchuel. Il est chercheur et professeur en management à l'Ecole des Mines. Il a créé une axiomatique du raisonnement de conception. Elle s'appelle la théorie CK. C pour Concept donc et K pour Knowledge, connaissance. Cette axiomatique postule : 

1/ une disjonction analytique entre l'espace des connaissances et celui des concepts,

2/ la disjonction est d'autant plus grande entre les deux que n'existe pas encore ce qui est en train d'être imaginé, 

3/ l'existence d'un moment clé du raisonnement, ce moment où se passe un mouvement d'expansion de l'espace de conception, on parle alors de partition expansive où se niche du potentiel d'innovation, quelque chose que l'on cherche à nommer, un concept nouveau,

4/ l'existence d'opérateurs cognitifs qui font que l'on passe de C à K et de K à C sans mélanger jamais les concepts (K) et les connaissances (C). Un concept n'est jamais vrai, des connaissances, oui.

Si vous avez envie d'écouter Armand Hatchuel, vous pouvez voir ce replay : La théorie CK (Concept Knowledge): une nouvelle théorie de la conception pour le management de l'innovation. Il vous faut également 1h30. Si vous ne disposez que de 7mn30, regardez cette interview sur Xerfi Canal Innovation

Des dispositifs participatifs

Ces dispositifs sont participatifs, ils associent souvent entre 20 et 80 personnes. Ils sont d'autant plus productifs qu'il y a de la diversité parmi les participants, que l'art de la conversation est bien rodé et que sont impliqués les participants comme des accoucheurs de concepts. Un peu comme en cafés. Vous comprenez pourquoi après avoir vécu des ateliers DKCP en physique, j'ai naturellement souhaité m'inspirer de la méthode en cafés.

 

Billet écrit par Rosario, le 25 mai 2017

Source de la photo illustrant ce billet: Lien Social, Habitat, Situations de Fragilité dans la ville innovante de 2030