Un enjeu pour la musique en ligne

D’après le dernier rapport Recording Industry In Numbers 2011 publié par l’IFPI (Fédération internationale de l’industrie du disque), la part du marché numérique est passée de 25 % à 29 % avec une progression des ventes de 5,3 %, malgré des ventes de musique en baisse de 8,4 % au niveau mondial.

Ainsi, pour croitre les parts de marchés sur les plateformes digitales, la stratégie consiste à se centrer sur le développement du cloud. Ce principe de stockage novateur devrait s’étendre de la même façon que la musique, aux contenus vidéo, aux documents, aux photos et aux logiciels.

La dématérialisation tend vers de nouvelles pratiques d’écoute

L’arrivée du cloud à pour but d’accéder à nos fichiers (vidéos, photos, musiques ...) depuis n’importe quel terminal connecté à Internet. La facilité d’accès permet d’écouter sa musique à tout moment, que se soit sur son téléphone portable, sur son ordinateur, sur sa tablette numérique ou encore sur sa TV ! Les utilisateurs ont pris l’habitude d’écouter leur musique partout, sur l’ordinateur lorsqu’on est chez soi, avec son smartphone lorsqu’on va au travail, dans le train avec sa tablette ou encore en soirée chez ses amis. Ce type de service permet ainsi de synchroniser aisément ses données sur l’ensemble des terminaux connectés.

Le cloud s’inscrit dans un processus de disponibilité permanente à partir du moment où l’on a accès à une connexion internet. Le cloud offre également une pérennité pour la conservation de ses données, puisque si notre disque dur tombe en panne, les fichiers resteront disponibles grâce au stockage virtuel. Ainsi on tend vers une dématérialisation des espaces de stockage tel qu’on les connait aujourd’hui, clé USB, disque dur et CD pourraient voir leur utilisation fortement réduite.

Le cloud face au monde juridique

Quelques questions juridiques se posent concernant les labels et ainsi les droits des artistes. Les services cloud d'Amazon et de Google ont été très critiqués par les maisons de disques. En effet, Amazon a choisi de ne négocier aucun accord de licence avec les maisons de disques considérant qu’"enregistrer un MP3 sur le Cloud Drive est exactement la même chose que d'enregistrer un MP3 sur une clef USB", cela relevant donc du régime de la copie privée (fair use). Les majors de la musique craignent que ces services facilitent l'utilisation de morceaux téléchargés illégalement. Ainsi Mp3Tunes (stockage de musique en ligne) fut en procès avec EMI et 14 autres maisons de disques à partir de novembre 2007. Après presque 4 ans de procès, la justice à décider de relaxer MP3Tunes, considérant que le site ne serait pas coupable de violation des droits d’auteur, mais bel et bien l’internaute qui met en ligne la musique téléchargée illégalement. En tant qu’hébergeur, Mp3Tunes n’a pas la capacité à contrôler tous les morceaux téléchargés. En revanche, elle doit les supprimer si on les lui signale. 

Cependant, trois maisons de disques ont signé un accord avec Google : Universal, EMI et Sony, mais un accord n'a pas été trouvé avec Warner. Apple aurait quant à lui signé des accords de licences avec EMI, Warner Music et Sony, mais en négociation avec  Universal Music.

Comparaison sur les services musicaux d'Amazon, de Google et d'Apple

Apple est le seul à proposer un logiciel unique pour écouter et acheter sa musique avec iTunes. Cela lui permet de garder le monopole avec les iDevices. Chez Google ça se passe en deux étapes, puisqu'on achète tout d’abord sa musique sur Android Market pour ensuite l'écouter sur Google Music. Le schéma est similaire avec Amazon : il y a Amazon MP3 et Amazon Cloud Player. Pour que Google Music décolle vraiment, il faudrait que les possesseurs d'appareils Android abandonnent iTunes sur leur ordinateur et écoutent leur collection via Internet. Cependant, Android passe de 25,3% de parts de marché en 2010 à plus de 52% en 2011 pour les smartphones, ce qui laisse à l’OS de Google un avantage.

 La gestion de sa collection musicale varie selon les marques. Apple et Google limitent l’espace cloud à 25 000 et 20 000 morceaux, respectivement, ce qui fait une limite plus que raisonnable, surtout si on part du principe que tous les titres ont été achetés. Amazon offre quant à lui un espace illimité. Le service Google est gratuit pour le moment, contre 25 dollars chez Apple. Amazon propose des formules en fonction du nombre de Go, il faut compter 20 dollars pour 20 giga et les 5 premiers giga sont gratuits.  Malgré une offre exclusivement payante, l'avantage est à Apple, grâce sa facilité d'utilisation. En effet, avec iTunes Match, il n'est pas utile de télécharger toute sa collection iTunes vers l'espace de stockage en ligne, car elle y est ajoutée automatiquement pour les titres reconnus. Pour les concurrents, cette opération peut prendre des heures voir plusieurs jours.
 
L'intérêt de mettre sa musique sur internet, c’est qu'il est possible de la partager et de l’écouter depuis n’importe quel appareil connecté. Mais le streaming contraint à avoir une bonne connexion, ce qui n’est pas toujours le cas. Pour remédier à cela, les trois services musicaux proposent de copier ses titres favoris sur l'appareil de son choix, pour une écoute hors connexion.

Apple bride ce partage et reste réservé aux ordinateurs équipés d’iTunes et aux différents iDevices (iPod, iPad, iPhone). Tandis qu'Amazon et Google proposent une interface web, compatible avec tous les appareils et une application est conçue pour Android. Google propose aussi de partager la musique achetée avec ses amis du réseau social Google+. Ces derniers pourront l'écouter une fois gratuitement. Les 200 millions d’utilisateurs que compte Android, pourraient ainsi se tourner vers Google+. Il ne reste plus qu’à attendre l’arriver des trois services en France pour en voir son impact !