Télé, téléchargements, vers une autre consommation des biens culturels

Tout, plus vite, en meilleure qualité. Avec la fibre, la 3D HD de mon nouveau téléviseur dernier cri signifie enfin quelque chose. Je sublime mon équipement. L’accès aux sources mêlé à la rapidité de navigation et de téléchargement, y compris le téléchargement tampon du streaming, bouscule mes usages. Moi qui regardais un film par semaine en solo en streaming sur mon ordinateur, je passerai peut-être à 3 dont une soirée films avec les copains, grâce à la VOD sur mon nouveau téléviseur grand écran. À part la nouvelle Livebox, pas besoin de nouveaux équipements, sauf que j’ai vraiment envie d’une belle télé. Ma belle pourra toujours surfer tranquille à côté de moi. 

« Le A », « Maintenant, on lui fait peur »

Ce titre est donné en référence à un livre de Claude Ponti, Le A, un livre sympathique pour les enfants qui raconte les aventures de Tromboline et de Foulbazar, qui en font voir de toutes les couleurs dans ce livre à la lettre A.
Avec la fibre, le débit en upload peut être aussi puissant que celui en download. Ce n’est pas le cas avec l’ADSL, le A étant la première lettre de « Asymétrique » (Asymetric Digital Subscriber Line). Avec la fibre, je gère mes contenus différemment car tout est beaucoup plus facile et rassurant parce que rapide. De la posture de spectateur en download, je deviens plus naturellement artiste-acteur à mes heures avec l’upload. J’uploade mes photos, les vidéos faites avec le petit cousin, mes compositions musicales et essais entre amis. Et même mon roman photo. Les offres de stockage en ligne se multiplient et s’adaptent doucement à la capacité d’upload permise par la fibre. On parle de plus en plus de « cloud computing » pour le grand public. Concrètement, quand on parle de cloud, on ne parle pas de nuages mais de forêts de serveurs sur lesquels nos contenus sont hébergés et à partir desquels on peut les partager.
Une précaution d’usage : parce que les capacités des plateformes de stockage et de partage ne sont pas illimitées et parce que ceux qui accèderont à mes contenus ne le feront pas tous dans les meilleurs conditions de débit, il convient de maintenir l’attention portée à l’optimisation du poids de ce que j’uploade. 

Autant d’usages depuis des tablettes et consoles que depuis des « personal computers », plus si personnels que ça nos ordinateurs

« La fibre, c’est la libération de l’ordinateur », nous dit un dreamer. La fibre amplifie le partage, le stockage online. Elle tend à démocratiser le tout-connecté, phénomène déjà en marche avec l’avènement des smartphones et tablettes.
Depuis l’ordinateur connecté en fibre, j’uploade des contenus sur une boîte de stockage en ligne. Et souvent même, parce que l’ordinateur de la maison est occupé, mon téléchargement, je le fais depuis une application installée sur ma tablette. En déplacement, j’accède à mes contenus facilement depuis un autre ordinateur, mon smartphone ou ma tablette, en download cette fois-ci, car tout est déjà en ligne.

La fibre, le catalyseur des usages

La fibre ce n'est pas du neuf qui s'ajoute à de l'ancien. Nos usages numériques, c’est le substrat. Ils ont précédé l’arrivée de la fibre. Le fil de verre, c’est le catalyseur de ces usages. Il permet, à la rencontre du substrat, comme une réaction chimique : chaque élément du substrat prend une force plus grande et les forces se multiplient entre elles. C’est en cela qu’il y a révolution des usages et non simple évolution. 

Morale de l’histoire

Ma dernière composition musicale, je l’ai uploadée sur une plateforme d’écoute en ligne, je l’ai protégée avec une licence Creative Commons et nous nous en sommes amusés entre deux VOD entre amis. Et dans le train, je veux la faire écouter à Julien, mon frère. Son smartphone traîne sur la tablette de son siège : « Tiens, connecte toi, branche ton kit mains libres, et dis-moi ce que tu en penses ». 
 
Voici qui interpelle le marketing des offres de stockage, partage en ligne et valorisation des contenus produits par les internautes, professionnels comme amateurs.
 
Et voilà qui interpelle tout autant sur l’offre de musique et de film accessible en ligne, pose des questions sur l’évolution des réglementations et remet au devant de la scène des débats sur la licence globale, six ans après Hadopi.