Quel est le coût CO2 d'une requête Web, le poids environnemental d'un mail, l'impact en eau d'une clé USB ? L'ADEME s'est penché sur ces questions et a livré hier un rapport parfois surprenant.

 

L'agence s'est penchée sur trois points clés :

  • L’utilisation du courrier électronique ;
  • Les requêtes effectuées sur Internet ;
  • L’utilisation de supports de transmission de documents de type clés USB.

 

Le texte ci dessous reprend des éléments du rapport de l'ADEME (en italiques dans le texte) .

 

Le courrier éléctronique

247 milliards de courriers électroniques et de spams ont été envoyés par jour dans le monde en 2009. chaque collaborateur d’une entreprise française de 100 personnes reçoit en moyenne 58 courriels et en envoie en moyenne 33 par jour, dont la taille moyenne est d’environ 1 Mo. Ces envois de courriels entraînent des émissions de gaz à effet de serre. Sur la base de 220 jours ouvrés par an, ces dernières représentent 13,6 tonnes équivalent CO2.

 

Diminuer de 10 % le taux d’impression des courriels reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permet d’économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an (soit l’équivalent d’environ 5 allers-retours New-York/Paris) (Je le dirai à certains collègues diserts en méls)

 

 

L’impact du stockage des courriels est un enjeu important : plus le courriel est conservé longtemps sur un serveur, plus il a un impact négatif.

 

Les recherches sur le Web

Il est estimé qu’un internaute français effectue en moyenne 2,6 recherches sur Internet par jour, soit 949 recherches par an (365 jours/an). Sur la base de 29 millions d’internautes en France, les émissions de gaz à effet de serre représenteraient 287600 tonnes équivalent CO2. Pour un internaute individuel, cette recherche d’information sur Internet via un moteur de recherche représenterait 9,9 kg équivalent CO2 par an.

 

Recommandations : Réduire le nombre de pages consultées en utilisant des mots clés précis lors d’une recherche via un moteur de recherche, mais aussi saisir directement l'adresse dans la barre de navigation lorsque que l'on connaît un site Internet et utiliser les marques pages.

 

Du bon usage des clés USB

Ce dernier volet de l’étude se base sur le contexte suivant : le responsable d’une entreprise assiste à un colloque avec une conférence. Un document de type rapport d’étude (document de 200 pages) lui est remis via une clé USB de capacité 512 Mo. Il transfère le contenu de la clé sur son ordinateur et survole le document : il passe 30 secondes par page. La lecture complète d’une page nécessite 3 minutes.

 

Multiplier par 12 le temps de lecture d’un document multiplie par 8 les impacts sur le potentiel de changement climatique.

 

Les résultats de 3 scenarii ont été comparés : l’enregistrement des documents sur l’ordinateur puis le survol d’un document de 200 pages ; l’enregistrement des documents sur l’ordinateur puis la lecture complète d’un document de 200 pages ; l’enregistrement des documents sur l’ordinateur puis la lecture complète de 40 pages. Il s’agit pour ce dernier de diapositives « power-point » dont le temps de lecture est estimé à 30 secondes par page.

Si les 100 personnes présentes à la conférence décrite ci-dessus reçoivent la clé USB et décident de lire complètement sur leur ordinateur le document de 200 pages, les émissions de gaz à effet de serre uniquement liées à la transmission de l’information sont multipliées par 8 (pour une lecture complète) par rapport à une lecture moyenne par page estimée à 2 à 3 minutes.

 

Ces émissions de GES représentent alors 80 kg équivalent CO2, ce qui correspond à une augmentation de 20 % de l’empreinte carbone d’une conférence classique (400 kg équivalent CO2 sans distribution de clé).

 

Si le temps de lecture n’excède pas 2 à 3 minutes par page, il apparaît que la lecture à l’écran a moins d’impact sur le potentiel de réchauffement climatique que l’impression. Au-delà, l’impression noir et blanc, recto/verso et 2 pages par feuille devient préférable.

 

 

En résumé ce rapprot de l'Agence de la Maitrise de l'Energie regorge d'informations intéressantes et contre-intuitives, à lire cet été sur la plage (si si) et plutôt sur papier (sans compter que vous pouvez mettre le rapport sur votre visage pour ddormir et arrêter les UV.

 

Accès aux documents de l'ADEME

Via Le Monde